Croix et statues voilées, au temps de la Passion

Depuis les premières vêpres du 1er dimanche de la Passion (le samedi soir), croix et statues sont voilées dans nos églises. Quelles que soient les origines de cet usage, profitons de son sens spirituel pour bien vivre ces derniers jours avant le Vendredi saint et Pâques.

L’Eglise nous invite à une certaine tristesse en raison de nos péchés. Nous n’avons pas trop conscience de la gravité de nos péchés, sous prétexte que nous n’avons ni tué ni volé. Notre culpabilité devant Dieu se juge, bien sûr, à la gravité des actes mauvais que nous avons commis. Mais elle se juge aussi d’après ce que nous avons reçu en famille, dans nos écoles, dans le scoutisme… Dieu, le juste juge, le seul juge parfaitement juste, sait apprécier notre culpabilité en toute vérité.

Tout péché est une offense à Dieu, même ceux qui sont commis à l’égard d’un homme : « Tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait, nous dit le Seigneur Jésus. Or une offense à Dieu est infinie quant à l’offensé. Un péché est toujours grave de ce point de vue. Certes, notre époque égalitariste a peut-être du mal à réaliser cela, mais Dieu ne change pas, Lui. Il est toujours infiniment grand et l’offenser c’est toujours extrêmement grave. Les changements de mentalité n’y font rien.

Son amour est blessé par le péché. Tout péché est non seulement une atteinte à sa majesté, mais aussi un refus de son amour. Dieu aime toutes ses créatures, spécialement l’homme, créé à son image. Dieu propose son amitié aux hommes : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis », déclara Jésus à ses disciples dans le discours après la Cène.

C’est en raison de son amour que Dieu veut nous relever du péché. Cette amitié, Dieu nous l’offre en connaissant notre faiblesse, sans illusion. Derrière le voile du crucifix, Dieu est toujours là pour nous offrir son pardon, comme au Bon Larron. Dieu n’y met qu’une condition, qu’on reconnaisse nos péchés, qu’on les regrette, qu’on en demande pardon. Ce n’est pas difficile, mais c’est impossible à ceux qu’aveugle l’orgueil.

Notre tristesse se changera en joie, si nous savons accomplir cette conversion. Le temps de la Passion s’ouvrira sur le matin de Pâques. La joie l’emportera sur la tristesse, si au lieu de nous arrêter sur nos manques d’amour passés, nous regardons l’amour infini de notre Dieu, si nous regardons l’amour qui a provoqué le Sacrifice de la Croix, si nous pensons à la rencontre entre Jésus ressuscité et sa Mère, au matin de Pâques. Cette rencontre est ineffable, c’est pourquoi les Evangiles n’en disent rien, seule la liturgie dominicaine en parle.

Que la lumière de Pâques soit l’étoile qui nous attire à la fin de ce carême, qu’elle nous aide à tenir nos résolutions de carême jusqu’au bout, à vivre avec le Seigneur Jésus, avec sérieux (« Qui ne porte pas sa croix tous les jours est indigne de moi ») et avec confiance (« Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde »). La liturgie nous porte pour nous mener jusqu’à cette veillée pascale où les voiles seront retirés des crucifix et des statues, avant le chant de l’Exultet et le matin de Pâques.

 

 

 

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